BREF HISTORIQUE DE LA CONGREGATION
Des Sœurs de l’Immaculée Conception de Ouagadougou
C’était en 1922. Deux jeunes filles s’appelant respectivement Marie Jeanne et Marie Thérèse étaient internes au foyer tenu par les Sœurs Blanches, envoyées par leurs propres fiancés coutumiers et employées à l’atelier de tissage de tapis. Ce serait au contact de ces Sœurs qu’elles auraient entrevu la beauté de la vie religieuse.
Le mérite de la première initiative revient à Sœur Delphine (état civil : Marie Thérèse AUBAZAC, née en 1885 et décédée en 1959), directrice de l’atelier. Animée de zèle peu ordinaire, l’idée lui vint que la vocation religieuse serait possible chez quelques-unes de ses enfants. Elle en parle à Marie Jeanne dont le comportement chrétien suggérait une possibilité de vie consacrée. Celle-ci étonnée, répondit sans tarder qu’elle le désire mais ne croyait pas qu’il était possible à elle « noire » de devenir « blanche ». Rassurée par la Sœur Delphine, ensuite par le Père Joanny THEVENOUD lui-même qui, au départ ne croyait pas davantage, Marie Jeanne s’empressa de confier son intention à son amie Marie Thérèse qui, enthousiaste se déclare prête elle aussi à renoncer à son fiancée qui l’attend pour le mariage.
Le Père THEVENOUD n’avait pas encouragé la Sœur Delphine lorsqu’elle lui avait parlé de cette possibilité de vocation religieuse chez ses filles mais devant son insistance, il finit par prendre au sérieux. C’est pourquoi, nommé premier Vicaire apostolique de Ouagadougou et devant rentrer en France pour y recevoir la consécration épiscopales, il appela Marie Jeanne et, après l’avoir interrogée, éclairée, il l’encouragea à prier, à réfléchir et à être sans crainte du côté de sa famille et de son fiancé à qui elle était donnée car on la soutiendrait de toutes les manières dans le cas où elle voudrait renoncer au mariage avec Elie (son fiancé) pour répondre à l’appel de Dieu.
En effet, ces deux jeunes filles, Marie Jeanne et Marie Thérèse avaient été mises à l’ouvroir par leurs fiancés chrétiens pour se préparer au baptême puis y rester jusqu’à leur mariage. En 1922, les fiancés des deux jeunes filles décidèrent de les marier après la Pâques. Mais Dieu avait d’autres desseins sur elles.
Par l’entremise donc de la sœur directrice de l’atelier Sœur Delphine AUBAZAC et de Monseigneur Joanny THEVENOUD, les deux jeunes filles entendirent l’appel d’abord discret de Dieu, mais appel qui se fit plus pressant la veille de la publication des bans de leur mariage.
Seul Dieu était capable de leur inspirer le désir et la volonté de braver et la coutume et l’autorité familiale pour proclamer à la face de tous, qu’elles renonçaient librement et définitivement au mariage afin de se vouer au service du Seigneur. Pareil vœu ne pouvait que faire l’effet d’un coup de tonnerre. C’est ce qui arriva dès les premières démarches des deux jeunes filles mossi qui prirent le risque de répondre à l’appel à la vie religieuse.
Indignées, leurs parents et leurs maris coutumiers se précipitèrent à la mission catholique armés de coupe-coupe, de gourdins et de bâtons, décidés à récupérer les deux énergumènes, dussent-ils marcher sur les cadavres des Pères. En l’absence de Monseigneur Joanny THEVENOUD, rentré en France pour son sacre, ce fut le Père A. SIGWARD quasi curé qui accueillit les assaillants. Ce fut un drame… Ces familles païennes ne sont nullement d’accord pour la renonciation de leurs filles au mariage et accusèrent le Père de leur avoir monté la tête… Les jeunes filles pour réfuter cette accusation déclarèrent devant leurs familles que c’est en toute liberté et après mûre réflexion qu’elles ont pris leur décision… Les colères montent, le vacarme redouble et il y eut même des menaces d’enlèvement mais elles furent protégées dans la maison des Sœurs Blanches.
Devant cette situation, le Père supérieur pensa donner un habit spécial « de postulantes » à ces jeunes filles et profiter de l’occasion pour éclairer tous les chrétiens afin qu’ils ne s’opposent pas à la volonté de Dieu. Depuis, il n’est plus question d’enlèvement ; cependant, les familles païennes ne se désarmèrent pas du premier coup, mais le ressentiment allait s’apaisant tous les jours.
Tels furent les débuts bien modestes et bien incertains de la vie religieuse dans ce pays. Deux braves filles à peine sorties du paganisme, en furent les pierres de soubassement au moment où le grand Pape Pie XI publiait sa mémorable encyclique sur les missions dans laquelle il disait notamment : « Une Eglise n’est fondée, tant qu’elle n’a pas son clergé indigène, ses Congrégations religieuses d’hommes et de femmes. »
La mission au mossi venait de faire un grand pas. Ce premier essai de la vie religieuse fut en effet béni et le plant devint arbre et continue de croître.
Le 11 Février 1924 s’ouvrit le Postulat pour quatre (4) candidates. Plus tard, trois (3) autres se joignirent à elles. En la fête de l’Immaculée Conception le 8 Décembre 1928, elles commencèrent leur Noviciat.
Les premières professions par lesquelles, les sept (7) jeunes filles burkinabè (voltaïques) se donnèrent à Dieu par les vœux de Pauvreté, Chasteté et Obéissance eurent lieu le 8 Décembre 1930 en présence de Monseigneur THEVENOUD, le Fondateur.
Depuis lors, le mouvement lancé par l’Esprit Saint ne s’arrêta plus.
En 1935, la jeune Congrégation reçut les deux premières jeunes filles du Ghana. D’autres les suivirent. En 1946, les Sœurs originaires du Ghana (6 professes et 9 postulantes) se détachèrent pour former à Navrongo (Ghana) une autre Congrégation sous le vocable des Sœurs du Cœurs Immaculé de Marie.
En 1945, après 15 ans de vœux temporaires, quatre (4) Sœurs émirent leurs vœux perpétuels. Depuis lors, les vœux perpétuels sont émis après 7, 8 ou 9 ans de vie religieuse.
En 1955, la Congrégation recevait aussi la première jeune fille guinéenne. En 1983, au nombre de 10 professes, 2 novices, 2 postulantes et une vingtaine d’aspirantes, les Guinéennes entamèrent aussi la procédure d’essaimage d’une Congrégation dans leur pays en Guinée ; ce qui fut effectivement réalisé en janvier 1987.
En 1955 également, le premier Chapitre général de la Congrégation se réunit pour élire sa première Supérieure générale en la personne de Sœur Angèle NIKIEMA et de son Conseil. Depuis cette date, l’Institut assure par lui-même toutes les charges de gouvernement et de formation de ses membres.
Siège de la Maison Mère : Fondée dans le Vicariat apostolique de Ouagadougou, la Maison Mère demeure toujours à Ouagadougou (Archidiocèse).










